Retour dans le passé au le Village Historique Acadien

L’été passé, lors de nos vacances au Nouveau-Brunswick, nous sommes allés visiter le Village Historique Acadien proche de la ville de Caraquet.
Avant de vous raconter la visite, petit point géographie sur l’Acadie. L’Acadie représente les localités francophones des provinces de l’Atlantique à l’est du Canada. De nombreuses diasporas se situent à d’autres endroits dans le monde (notamment en Louisiane), mais le berceau de l’Acadie se situe à l’est du Canada.
La langue officielle de l’Acadie est le français acadien, qui est un mélange de français, d’anglais et de certaines vieilles expressions françaises.

Prévoyez au moins une journée, voire une bonne demi-journée pour visiter la totalité du village sans vous presser. Il y a même une taverne dans laquelle il est possible de manger le midi. En suivant le chemin de terre, on déambule à travers des bâtiments d’époque, on croise des personnes aux costumes d’époques eux-aussi, ce qui permet de découvrir la façon de vivre et les métiers d’antan comme si on y était. Au fur et à mesure que le chemin progresse, nous avançons dans le temps. Le village couvre l’histoire de l’Acadie de 1770 à 1949. Vous imaginez donc la différence entre les bâtiments tout au début du parcours et ceux de la fin!

Chaque maison / bâtiment abrite sa propre histoire et est tenu(e) par une ou plusieurs personne(s) qui joue(nt) le rôle des anciens habitants de la maison. Presque chaque bâtiment a été transporté des quatre coins de l’Acadie (en pièces détachés). Ce sont donc les vrais bâtiments d’époque. J’ai trouvé ça impressionnant de voir les efforts mis en place pour nous faire plonger dans l’histoire de l’Acadie.

Les premières maisons sont des fermes, ou appartiennent à des paysans et artisans. Les conditions de vie ne sont pas toujours faciles : les grandes familles s’entassent dans une pièce, les paillasses sont rangées la journée et on les sort la nuit pour dormir tous proche du feu de foyer, à même le sol de terre battue. À l’étage se trouve le grenier dans lequel on stocke la nourriture, la paille… Plus on avance dans le temps, plus les maisons deviennent « coquettes », le mobilier servant à embellir les maisons apparaît, il y a maintenant plusieurs pièces et différentes chambres pour les différents membres de la famille, et surtout il y a un plancher au sol.

Magasin Godin : le magasin général

Le propriétaire de ce magasin général, Charles Godin ouvre son magasin dans la fin des années 1880 (la date exacte n’a pas été retrouvée mais son livre de comptes le plus ancien remonte à 1889). Le magasin général offre des produits domestiques, utilitaires mais aussi des produits alimentaires. Charles Godin tient un bureau de poste dans son magasin général, et il pratique également l’agriculture.

Menuiserie Cormier

La menuiserie appartient à Hubert Cormier et se trouvait à Caraquet dans les années 1875.
Le principal travail du menuisier est de fabriquer des portes et des fenêtres pour les divers bâtisses et maisons, mais il peut également s’occuper de la répartition et de la fabrication des charrues, des meubles, des traîneaux… En entrant dans la menuiserie Cormier il est possible d’admirer les différents outils, scies, étaux et autres rabots, qui étaient utilisés à l’époque.

Imprimerie

Cette imprimerie, qui date de 1880, est une reproduction du bâtiment d’origine qui était installé à Shediac. Nous sommes ici dans l’atelier d’imprimerie du Journal Le Moniteur Acadien qui a été publié de 1867 à 1926. Il s’agit du premier journal acadien publié de façon hebdomadaire en premier lieu puis ensuite bi-hebdomadaire. La mise en page et l’impression du journal sont des opérations longues et couteuses à l’époque et il faudrait 5000 abonnements pour que l’imprimerie soit rentable. Malheureusement elle dépasse rarement les 2000 abonnés, qui payent 2$ par an, ce qui l’amène à sa fermeture en 1926.

Moulin à farine Riordon

Ce moulin appartient à la famille Riordon qui est originaire d’Irlande et se situait à Pokeshaw et comprend: un moulin à scie, un moulin à farine et un moulin à carder la laine. Se trouvant au bord d’une rivière il fonctionne à l’énergie hydraulique. Construit dans les années 1850, détruit par un incendie, puis reconstruit à la fin des années 1880, le moulin ne fonctionnera pas longtemps car le propriétaire avait des différents avec sa compagnie de construction. Il ferme ses portes en 1914. En le visitant, on peut y admirer toutes les installations pour moudre le grains, qui sont vraiment impressionnantes!

École

Il faut savoir que dans les années 1800, l’éducation des enfants à l’école n’est pas une priorité dans les familles acadiennes. Les garçons travaillent aux champs, dans les fermes, à la pêche ou sur les chantiers pour ramener de l’argent à leurs parents. Et les filles aident leurs mamans dans leurs différentes tâches domestiques.
Malgré le fait qu’il y ait beaucoup d’efforts fait du coté des autorités pour mettre de l’avant l’éducation, les moyens ne suivent pas. En effet, il y a peu de manuels et tous sont en anglais, et les instituteurs francophones sont rares.
L’école, datant de 1869, montre sa vétusté: une petite salle de classe, pas très bien entretenue, pour tous les niveaux et souvent les professeurs sont des personnes de passage. J’ai beaucoup aimé découvrir quelques mots acadiens (avec leurs traductions françaises) sur le tableau noir de l’école.

Station-service Irving

Cette station-service Irving se trouvait à Sackville et date des années 1936. Elle a été transportée et restaurée comme à l’époque.
Le développement de l’automobile, entre les années 1920 et 1930, concorde l’arrivée de nouveaux bâtiments : les stations-services. Cette station-service est établie par le célèbre Kenneth Colin Irving, créateur de la compagnie Irving Oil, aujourd’hui axée sur la transformation et commercialisation de produits pétroliers, à l’époque vendeur d’essence dans de nombreux garages, distributeur de la compagnie Ford et propriétaire du réseau d’autobus des Maritimes.

Hôtel Château Albert 1907

Le Château Albert, nommé d’après son propriétaire Pierre P. Albert, est une reproduction du bâtiment d’époque datant de 1907 et se trouvant dans la ville de Caraquet. Ce beau château n’a pas une histoire très glorieuse. Avec l’arrivée des chemins de fer dans les années 1880, certaines personnes ont investi dans l’hôtellerie en se disant que les touristes allaient affluer en masse. Ce ne fut malheureusement pas le cas et l’hôtel ferma rapidement ses portes.
Pendant la première guerre mondiale, il est réquisitionné et transformé en quartier général de la milice et pour le recrutement de soldats. En 1955, l’hôtel est détruit par le feu. Lorsqu’il est reconstruit, c’est sur le site du Village Historique Acadien, où il est encore possible de passer la nuit. Tout a été refait à l’identique! (et non ce n’est pas le drapeau français qui flotte en haut de l’hôtel, mais bien le drapeau acadien. Dans la partie bleue, il y a une étoile jaune, ce qui le différencie du drapeau français.)

Si vous voulez en savoir plus sur le Village Historique Acadien, rendez-vous sur leur site internet.

Et vous, connaissiez-vous le Village Historique Acadien?

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