Les 5 choses que j’aurai aimé savoir avant de m’expatrier au Canada

J’ai fêté récemment mes 4 bougies au Canada! Que le temps passe vite depuis mon arrivée à Montréal! Je me revois encore avec ma valise de 40kg, mon gros sac à dos, atterrir dans cette grande ville enneigée qui allait devenir mon nouveau chez-moi.
Sur les médias sociaux je vois de plus en plus de personnes qui veulent s’expatrier au Canada. Alors aujourd’hui, dans le cadre du rendez-vous des «#HistoiresExpatriées organisé par L’occhio di Lucie, je partage avec vous 5 choses que j’aurai aimé savoir avant de déposer mes valises à Montréal.

Petit rappel de mon histoire canadienne, j’ai passé 3 ans à Montréal au Québec, avant de déménager à Kingston en Ontario (je suis donc passée d’une province francophone à une province anglophone). Dans cet article je majoritairement vais décrire mon expérience québécoise et ce que j’aurai aimé savoir en arrivant à Montréal.

Le choc des cultures et l’intégration

Malgré le fait qu’il y ait (trop) beaucoup de français à Montréal, et que les Québécois parlent la même langue que nous, je ne le répèterais jamais assez, mais nous n’avons pas la même culture. Ce n’est pas parce que nous partageons les mêmes ancêtres et qu’un millième du sang qui coule dans nos veines est identique que nous sommes identiques!
Je pense que je m’étais préparée psychologiquement à me dire que le Québec n’était pas une extension de la France et que beaucoup de choses allaient être différentes. Malgré cela, même si le décalage est forcément moins grand que si on partait dans un pays asiatique, oui il y a des différences culturelles.
Pour la petite histoire, je me suis retrouvée plus d’une fois à argumenter avec mon mari (qui est québécois) alors que nous disions la même chose mais de deux façons différentes. En effet, toutes les expressions les mots ne veulent pas dire la même chose utilisés dans un contexte français ou dans un contexte québécois!
Si vous voulez rire un peu, je vous invite à vous promener sur le site Je parle Québécois pour découvrir les expressions les plus rigolotes.

Passé le choc des cultures, il faut penser à l’intégration. Je pense que les forums le répètent encore et encore, mais ce n’est pas parce que nous sommes français (et que nous parlons (presque) la même langue que nous sommes attendus les bras ouverts au Québec. J’avais bien assimilé ça lors de mon arrivée à Montréal. Malgré tout, si on m’avait dit que je mettrais autant de temps à trouver du travail dans mon domaine (presqu’un an, j’ai été embauchée dans une agence de web-marketing une semaine avant la fin de mon PVT, ceux qui ont vécu le stress du passage du PVT au visa Jeune Pro comprendront), si on m’avait dit que les premiers mois lorsque je lunchais avec mes collègues je ne comprendrais rien de leurs conversations (références à des films, politiques, séries nords américains dont on n’a jamais entendu parler en France!). Bref si on m’avait dit que mon intégration n’allait pas être des plus évidentes peut être que je me serai préparée autrement. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger le plus possible dans la culture du pays dans lequel vous êtes (regarder des séries, lire la presse locale, regarder les films cultes…) pour ne pas vous sentir complètement à côté de la plaque lorsque quelqu’un fait une référence propre au pays.
J’ai écrit il y a peu de temps un article sur l’expatriation et sur la façon dont j’avais vécu mes différentes expatriations et leurs chocs culturels (Chine, Australie et Canada), vous pouvez le lire en cliquant ici

Le mal du pays

Toute expatriation a son lot de coups de blues (même après 4 ans ici, cela m’arrive encore). Le mal du pays peut être dû à plusieurs facteurs, on se pose mille questions sur notre raison d’être parti aussi loin de chez nous, alors qu’on avait tout ce qu’il nous fallait dans notre pays d’origine. On peut même en arriver à remettre en question notre expatriation (histoire vraie, ça m’est arrivé au début de mon séjour au Canada!).
Il faut juste garder en tête que ça passera, que c’est normal lorsqu’on se déracine et qu’on s’envole loin de ce à quoi nous sommes habitués! Et qu’avec le temps, on s’habitue de plus en plus à son nouveau chez-soi et qu’on a de moins en moins de coups de blues.

Recommencer sa vie de zéro

Quelque chose qu’on n’imagine pas forcément en partant à l’étranger c’est qu’on recommence vraiment sa vie de zéro. Et tout doit se faire en accéléré : visa et papiers d’immigration, ouverture d’un compte bancaire, d’un forfait téléphonique, trouver un logement, le meubler, trouver un travail, rencontrer des nouveaux collègues, se faire à une nouvelle ville, à un nouveau mode de vie, à une nouvelle culture, se faire un cercle d’amis….
Et souvent, au niveau professionnel, on repart de même plus bas que ce qu’on avait avant de partir. Ce qui peut être frustrant financièrement et psychologiquement. Je m’étais quand même bien préparée à ça au niveau professionnel et ça ne me dérangeait vraiment pas de travailler dans un café de façon temporaire alors que j’avais une maîtrise en poche. Je pense que j’aurai aimé savoir avant de partir que recommencer TOUTE sa vie à zéro n’allait pas être une partie de plaisir tous les jours. Le point positif c’est qu’on se rend compte à quel point on devient résilient, adaptable et malléable à beaucoup de situations qu’on n’aurait jamais cru avoir / pouvoir affronter!

Le temps qui file

Je me suis fait cette réflexion en partant de Montréal après y avoir habité 3 ans. Le temps file à une vitesse folle! J’ai beaucoup profité les premiers mois de mon PVT, j’ai voyagé, un peu au Canada, pas mal aux États-Unis, j’ai visité Montréal, Québec, les environs… Puis un an après mon arrivée, lorsque j’ai trouvé un travail, je me suis vite encrée dans la routine métro, boulot, dodo. Puis les fins de semaine lessives, épicerie, cuisine et repos. Et j’ai un peu arrêté de jouer la touriste. En arrivant à Kingston, qui est une ville beaucoup plus petite que Montréal (comprendre : beaucoup moins de culture, de musées, de théâtres…), je me suis rendue compte qu’après avoir visité le centre ville et les principales attractions de la ville, on en avait vite fait le tour. Et je me suis rendue compte à quel point j’étais passée à côté de pleins d’activités, de sorties à Montréal. Bref, j’aurai aimé qu’on me dise : profite, essaie de sortir le maximum, de visiter le maximum de choses et de tout découvrir avec des yeux émerveillés. J’essaie de garder cet état d’esprit, même si pas toujours évident en ayant un travail à temps plein de trouver l’énergie et le temps de sortir la fin de semaine.

Où est mon chez soi?

La grande question de tout expatrié. En partant, on se dit qu’on va se créer un nouveau chez soi, et c’est en partie vrai. Les amis que je me suis faits ici sont devenus comme une seconde famille. Mais à chaque fois que je rentre en France, je dis « je rentre à la maison » et quand je reviens au Canada, je dis « je rentre chez moi ». Et au Canada, je me sens toujours un peu étrangère, et en France, je ne me sens plus vraiment française. J’aurai aimé savoir avant de partir que le concept de « chez soi » aller être un peu boulversé mais qu’au final l’important est de sentir bien avec soi-même et dans l’environnement dans lequel on se trouve. Après ça, on a le droit d’avoir plusieurs chez soi!

Malgré tous les aspects difficiles d’une expatriation, mes différentes expatriations m’ont permises de me construire de plus en plus et de me rendre compte de qui je suis, de ce que je veux (et je ne veux pas) dans la vie, et surtout, elles m’ont permis de rencontrer des personnes extraordinaires et de découvrir des lieux magnifiques!

Et vous qu’auriez-vous aimé savoir avant de vous expatrier?

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6 Comments

  1. Je ne connaissais pas le site ‘Je parle québécois’, une belle découverte !
    C’est marrant que tu parles du mal du pays qui semble être un thème récurrent chez les expats. Pourtant, ça fait 4 ans que je suis en Angleterre et je n’en ai toujours pas souffert… A Glasgow, il y a 6 ans, c’était différent mais un tas de facteurs ne m’aidaient pas (étudiante, financièrement dépendante de mes parents, la langue mal maîtrisée…).
    Une chouette contribution ! xx

    1. Merci Ophélie 🙂 Il faut dire aussi que le mal du pays m’arrive dans les moments les plus difficiles (exemple : à la fin de l’hiver qui dure plus de 6 mois).
      Profites-en alors si tu n’as jamais eu le mal du pays 😉

  2. Je trouve ça tellement bien dit:  » on devient résilient, adaptable et malléable à beaucoup de situations qu’on n’aurait jamais cru avoir / pouvoir affronter! » Yes and yes ! 🙂
    Je souffle bientôt ma sixième bougie au Canada et ouiiii le temps file.
    Pour ce qui est du profiter du moment je le dis toujours. On ne sait pas de quoi sera fait demain. Lorsque j’étais à montreal j’ai tellement profité que je n’ai aucun regret et je ne suis pas nostalgique Depuis que je suis dans l’ouest.

    1. Merci 🙂 Moi j’ai quelques regrets de choses que j’aurai aimé faire à Montréal mais que je n’ai pas pu par manque de temps / d’argent. Alors j’essaie de me rattraper ici (même s’il y a moins de choses à visiter et à découvrir quand même!)

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